Façade du restaurant Le Saint Jean, archives 1920s, Cap-Ferrat

1916 · 2026

La Maison.

Cent dix ans, quatre générations, un seul comptoir. L'histoire d'une table de village qui a vu passer trois républiques, deux guerres, et chaque été depuis la Belle Époque.

1916 L'ouverture

La maison ouvre l'année de Verdun. Cap-Ferrat n'est encore qu'un village de pêcheurs et de jardiniers, posé entre Beaulieu et Villefranche. Le restaurant prend place sur la place principale, en face du marché. Il n'en bougera jamais.

Façade années 1920
1947 La reconstruction

La deuxième génération rouvre après la guerre. Le port reprend, les villas se remplissent. Les premières familles d'armateurs reviennent en saison. La salle se redresse, la terrasse s'agrandit. La daube reste sur la carte.

Salle restaurant, années 1950
1985 La table des habitués

Troisième génération. La maison devient le rendez-vous des résidents secondaires et des équipages qui hivernent à Beaulieu. La pizza s'invite à côté du ragoût de poulpe. Le service continu s'installe — il ne s'arrêtera plus.

Équipe en cuisine, années 1980
2021 La transmission

Une nouvelle équipe reprend la maison. Pas de table rase : les recettes restent, le comptoir aussi, les habitués comme M. C. retrouvent leur place. Ce qui change : la sélection de la cave, la pêche commandée nominativement au mareyeur de Beaulieu, la précision du dressage.

Équipe actuelle en cuisine

Quatre générations

Ce qui
ne s'invente pas.

On ne reprend pas une maison de 1916 comme on ouvre un restaurant. On en hérite — des fournisseurs, des recettes, des silences, des habitués qui poussent la porte sans s'annoncer. Le travail consiste à ne rien abîmer. À ajouter sans effacer. À ce jour, trois employés de la salle ont connu deux générations de patrons. C'est notre meilleure garantie.

Ma grand-mère y venait dans les années soixante, après son bain à la Passable. Ma mère y a fêté ses soixante ans en 1998 — la grande tablée au fond, sous la fresque. Mes enfants ont mangé leur première bouillabaisse ici en 2017. L'an dernier, j'ai présenté ma fille aînée au patron, qui m'a redit la commande de ma grand-mère sans hésiter : daube, carafe de rosé, café serré.

Mme L. P. · Troisième génération de clientèle, automne 2024

Chef en cuisine, équipe actuelle Le Saint Jean

La maison, maintenant

Une équipe,
une cuisine,
un service.

Une brigade resserrée en cuisine. Une salle où l'on connaît les habitués sans leur faire sentir. Une sommellerie discrète mais documentée. La maison ne cherche pas à faire palace — elle fait village. C'est plus exigeant. C'est ce qui fait revenir.

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Une table vous attend.